Exposition de Damien GUILLAUME, Natures mortes – de l’équateur à Usshuaïa, à l’Espace St Rémy – 4 Rue Jouannet – 33000 Bordeaux, du 1er au 29 avril 2012.

Cette série a été réalisée durant le long voyage photographique que Damien Guillaume a entrepris en Amérique du Sud entre mars et septembre 2011. Elle est ici exposée pour la première fois, dans le cadre du Festival Itinéraires des Photographes Voyageurs.

Dans « natures mortes » Damien Guillaume poursuit, cette fois-ci à la manière d’un portrait en creux, ses recherches sur la représentation humaine, notamment au travers du prisme de la couleur, sa matière première. Cette nouvelle série vient comme un écho à «Mythes décisifs» (voir sur le site du photographe) dans laquelle la couleur lui permettait d’aborder à la fois la relation corps-espace de manière sensuelle et incarnée, mais également la question du genre, en troublant le code masculin/féminin.

Cette dernière séquence d’images s’arrête sur des traces, des indices. Les objets incarnent l’humanité de zones désertées, d’espaces intimes rendus au silence. Ici, nulle chair, nul corps. Certaines images nous donnent à penser que ces lieux ont été abandonnés ; les résidus présents parfois laissent quelques bribes d’information. Des pommes sur une table, un poste de télévision, un morceau de savon signent une occupation récente ou imminente des lieux. Une activité suspendue. Un « entre deux » spatio-temporel.

Le contraste entre l’éclat des couleurs et la vétusté des habitations va à l’encontre d’une restitution pittoresque, et même documentaire ou journalistique. Le cocasse n’a pas de place dans la vision de Damien Guillaume. Le photographe nous entraîne vers la fiction. Une fiction qu’il construit peut-être malgré lui. Ses images nous laissent le choix entre les pays, les époques, les scénarios, les voyages. Un parcours visuel qui oscille entre l’imaginaire et le réel, où les couleurs jouent les trouble-fêtes, nous intriguent et nous captivent dans un même mouvement.
C’est le début d’une histoire ou d’un rêve à peine nimbé d’essence latine. A chacun de l’inventer, de l’éprouver ou de l’écrire en s’appropriant ses images.
A chacun de refaire le voyage.

Né en 1978, à Besançon, Damien Guillaume vit et travaille aujourd’hui à Paris comme photographe. Après plusieurs essais photographiques réalisés dès l’adolescence, il a la chance d’être formé par un professionnel du métier à partir de 2004.
En 2005, il contribue à la création de la revue L’Atelier de photographie Magazine, et durant son parcours en province, il travaille sur différents ouvrages comme Besançon, Nature intime du temps co-signé avec Nedim Gürsel.
En 2007, il s’installe à Paris et fonde l’agence Lubrik. Dédiée à l’art, à l’édition et à la communication, son agence travaille pour la presse, l’édition et la publicité. Il est l’auteur des photographies du livre La Turquie Biblique paru en septembre 2010 aux éditions Empreinte et de l’ouvrage Les Artisans d’Istanbul à paraître courant 2012.

En parallèle à ces travaux professionnels, il poursuit sa création artistique. Sa série «Mythes Décisifs» a été exposée à plusieurs reprises à Paris.

«natures mortes» est sûrement le travail le plus personnel, résultat du long voyage entrepris en Amérique du Sud en 2011. Durant 8 mois, accompagné de ses deux meilleurs amis, Damien Guillaume a sillonné Equateur, Pérou, Bolivie, Chili, Argentine… Le projet des trois «compères» alliant photographie, éducation, écologie. Et hasard.
De Quito à Ushuaïa, en passant par Lima et La Paz… Ils prennent soin cependant d’éviter les «autoroutes» touristiques et privilégient les chemins de traverses, acceptent les aléas du voyage, ses temps morts, ses lenteurs, ses accélérations. Des milliers de kilomètres parcourus, des milliers d’images capturées, des centaines de visages. Des rencontres uniques, fortes, rudes mais toujours riches et porteuses en elles-même de beauté et d’espoir. Leur carnet de route, sous forme d’un blog copieusement illustré et documenté au fur et à mesure de leur périple est consultable sur www.flyingroad.com. La promesse d’autres voyages photographiques à venir…

Série «Natures mortes», 2011 © Damien Guillaume / agence révélateur